La Réserve Naturelle Nationale de Hourtin

Dernière née des réserves naturelles d’Aquitaine, la Réserve Naturelle des Dunes et Marais d’Hourtin est pourtant la plus étendue avec ses 2150 hectares (cliquez ici pour voir le plan). Mais toute son originalité n’est pas uniquement là……

Une haute valeur écologique

La réserve naturelle s’étend du littoral atlantique vers l’intérieur des terres sur 6 kilomètres. Elle « balaie » donc toute cette succession d’écosystèmes. Ecosystèmes extrêmement riches de par la présence de l’océan et de sa dynamique, mais également par la présence de près de 200 hectares de zones Palu de Molua. Entre ces deux paysages foncièrement différents s’étend la forêt garantissant la protection et la quiétude des systèmes dunaires (dune blanche et dune grise).

Ce territoire regroupe 43 types d’habitats dont 26 d’intérêt communautaire (4 sont prioritaires).

Deux d’entre eux sont considérés comme vulnérables ou en danger au niveau national. (GEHU 1991). Bien sûr les richesses faunistiques et floristiques reflètent la valeur de ces paysages naturels : 14 espèces végétales, 11 espèces d’amphibiens, 13 reptiles, 9 mammifères, 15 oiseaux et 3 insectes possèdent un haut statut de protection au minimum d’échelle nationale.

Parmi toutes ses espèces, on peut citer la Cistude d’Europe, le Lézard ocellé, le Vison d’Europe, la Loutre. Les insectes nous réserveront sans aucun doute des surprises au fur et à mesure des inventaires : d’ores et déjà, on sait que la moitié des espèces régionales de libellules sont présentes sur le site, ce qui représente plus du tiers de la diversité nationale de ces groupes. Trois espèces d’insectes aquatiques inventoriées en 2010 sont nouvelles pour l’Aquitaine.

La situation géographique du Palu de Molua en fait un site très favorable à l’hivernage et la reproduction de nombreux oiseaux migrateurs possédant un intérêt patrimonial fort au niveau européen. Comment ne pas citer ici le Butor étoilé dont la réserve accueille plus de 30% des effectifs nicheurs d’Aquitaine. Le marais est aussi un site majeur pour la halte migratoire du Phragmites Aquatiques qui est le passereau le plus menacé en Europe.

N’oublions surtout pas la flore : parmi les 276 espèces recensées en 2006, quatorze sont protégées, deux au titre de la Directive « Habitats » et neuf d’entre elles au niveau national.

Parmi les plus « remarquées » citons le Faux-cresson de Thore, l’Isoète de Bory, le Mouron nain, l’Elatine à six étamines, la Pilulaire, le Flûteau rampant, la Grande utriculaire et bien sûr la Littorelle à une fleur, la Lobélie de Dortmann, ou la Gentiane pneumonanthe….

Un contexte foncier varié

L’autre grande originalité de la réserve réside dans la variété des propriétaires publiques, sans oublier une parcelle privée dont le propriétaire a vu dans ce statut de réserve l’opportunité de préserver de façon solide un patrimoine familial, certes de petite surface (4 hectares) mais qui abrite les plus vieux chênes du site. 83% des surfaces de la réserve appartiennent à l’Etat grâce aux 1778 hectares issus de la forêt domaniale d’Hourtin.

8% des surfaces appartiennent au Conseil Général de la Gironde grâce ses 168 hectares d’Espaces Naturels Sensible que le département a apportés. Il s’agit de zones humides de très grande valeur patrimoniale situées dans la partie Nord de la réserve.

La commune d’Hourtin a également apporté 200 hectares (9% des surfaces). Cet assemblage de propriétaires différents engendre un partenariat très riche et entraîne une implication incontournable des collectivités locales. De plus en plus importante dans le paysage sociologique local, cette nouvelle entité qu’est la réserve est enclin à devenir, avec la participation des partenaires, un levier incontournable pour le développement des territoires ruraux du Médoc.

Une collaboration quotidienne de multiples organismes

Outre l’ONF qui a pu apporter son savoir faire en matière de gestion et d’expertise, il est bon d’insister sur le nombre d’organismes qui collaborent à la vie de la réserve. Le CEMAGREF et le Groupement Université Bordeaux1-INRA ont choisi d’établir certains programmes de recherche sur la RNN.

Concernant la chasse et la pêche, les contacts avec la Fédération des Pêcheurs, l’ONCFS et l’ONEMA sont incontournables et enrichissent le partenariat. Rappelons que pour des raisons de régulation des ongulés et du sanglier, la chasse de ces espèces a été maintenue sur une partie de la RNN.

Par ailleurs, des associations naturalistes comme « Cistude-Nature », la Ligue de Protection des Oiseaux ou la Société Linnéenne de Bordeaux apportent un concours régulier et précieux aux inventaires de biodiversité sur les territoires de la réserve.

L’équipe de gestion de la réserve rencontre régulièrement les associations d’usagers de l’espace naturel qui sont nombreuses sur la commune d’Hourtin et alentours. Cela participe à une meilleure acceptation de ce nouvel espace avec ses réglementations particulières. Enfin, comme le sous-entend le statut foncier des territoires inclus dans la réserve, la collaboration avec les services du Conseil Général ou de la commune d’Hourtin font aussi partie du quotidien des gestionnaires.

Par ailleurs nombreux sont les élèves de l’école d’Hourtin et des communes environnantes profitent régulièrement des charmes de la réserve naturelle avec les gardes-techniciens.

Une gestion « multifonctionnelle »

Comme cela était annoncé en toile de fond dans le décret de création la réserve, la « mise sous cloche » n’est pas un mode de gestion à rechercher sur ces territoires. La forte dynamique des écosystèmes locaux induit des réponses rapides et assez volontaires de la part des gestionnaires : 

Pour réhabiliter les habitats, des travaux de génie écologique conséquents ont été pratiqués dès l’automne 2010 (réhabilitation de la lande, reprofilage de lagunes, réouverture de milieux). Le programme de travaux va bien sûr se prolonger ces prochaines années. Le maintien de certains habitats demande que les activités qui y étaient pratiquées perdurent ; c’est le cas de la forêt dunaire où la sylviculture sera maintenue dans un souci de favoriser au maximum la protection des dunes et la biodiversité forestière. Les effectifs d’ongulés et de sangliers doivent être finement contrôlés, c’est pourquoi la chasse est maintenue sur une partie de la RNN.

Pour entretenir les landes « ré ouvertes », un troupeau vient régulièrement sur le nord de la réserve.

Ces modes de gestion « dynamiques » impliquent cependant des zones de quiétude et de maturation des habitats. C’est pourquoi 115 hectares ont été classés en zones de protection intégrale. Ces secteurs seront maintenus hors sylviculture et resteront à l’écart de toute fréquentation. A cet égard, une grande partie du marais sera aussi exclue de toute fréquentation. Ces dispositifs de « mise à l’écart » permettront également une meilleure connaissance des écosystèmes palustres et forestiers notamment dans leurs phases de sénescence encore trop peu connues. La région d’Hourtin est une zone touristique active : la vocation pédagogique des espaces protégés pourra s’exprimer pleinement grâce à la beauté et l’attractivité paysages locaux. Visites guidées, itinéraires de découverte et accueil des scolaires sont autant d’outils de sensibilisation du public à la protection de l’environnement. Un des principaux objectifs de la réserve est donc de s’inscrire totalement comme un levier de développement des territoires ruraux du Médoc en favorisant une véritable une offre éco touristique. Cette offre aidera à répondre à la demande croissante des usagers en matière de tourisme vert tout en répondant aux exigences de conservation de la nature. 

Article rédigé par M. François BOTTIN - ONF - Conservateur de la Réserve Naturelle

Contact téléphonique : 05 56 73 58 57

Courriel : rnn.hourtin@onf.fr 

Pour en savoir plus : http://www.onf.fr/enforet/hourtin/@@index.html